Les montres Nomos sont fabriquées à Glashütte, une petite ville saxonne en Allemagne, par une manufacture indépendante fondée en 1990. Ce qui distingue cette marque, c’est son niveau d’intégration exceptionnel : 95% de la valeur de chaque montre est créée sur place, dans les ateliers de Glashütte. Une rareté dans l’horlogerie moderne.
Roland Schwertner, le fondateur à l’origine de Nomos
Roland Schwertner n’avait rien d’un horloger traditionnel. Informaticien et photographe originaire de Düsseldorf, il crée Nomos Glashütte en janvier 1990, deux mois seulement après la chute du Mur de Berlin. Son ambition était double : fabriquer des montres mécaniques de la plus haute qualité tout en les rendant accessibles.
Pour mener à bien ce projet, Schwertner s’entoure rapidement de deux associés clés. Uwe Ahrendt prend en charge la production à Glashütte, tandis que Judith Borowski pilote le développement de la marque et son identité visuelle. Cette équipe tripartite pose les bases d’une entreprise qui deviendra le plus gros fabricant de montres mécaniques d’Allemagne.
En 1992, Nomos lance ses quatre modèles fondateurs : Tangente, Orion, Ludwig et Tetra. Ces garde-temps au design épuré, inspirés du mouvement Bauhaus, rencontrent immédiatement le succès.
Glashütte, le berceau historique de l’horlogerie allemande
Glashütte est bien plus qu’une simple adresse. Cette petite ville nichée dans les monts Métallifères, au sud de Dresde, est le berceau de l’horlogerie fine allemande depuis 1845. C’est là que Ferdinand Adolph Lange ouvrit son premier atelier, donnant naissance à une tradition qui perdure depuis près de 180 ans.
L’appellation Glashütte est désormais une origine protégée par la loi depuis 2022. Pour qu’une montre puisse porter cette mention sur son cadran, au moins 50% de sa valeur doit être produite dans la ville. Nomos va bien au-delà de cette exigence avec ses 95% de fabrication locale.
Cette règle stricte garantit l’authenticité et préserve un savoir-faire unique. Glashütte abrite aujourd’hui plusieurs manufactures horlogères, mais rares sont celles qui atteignent le niveau d’intégration de Nomos.
Trois sites de production répartis dans la ville
Nomos Glashütte ne concentre pas toute sa production en un seul lieu. La marque occupe trois sites distincts à Glashütte, chacun dédié à des étapes spécifiques de la fabrication.
Le siège administratif se trouve dans l’ancien bâtiment principal de la gare de Glashütte. C’est là que travaillent les équipes commerciales et de gestion.
L’atelier de chronométrie, situé rue d’Erbenhang sur les hauteurs de la ville, accueille la majorité des horlogers. Dans ce bâtiment historique, qui abritait autrefois un atelier de chronomètres de marine, se déroulent l’assemblage des mouvements, le réglage fin et l’emboîtage des montres.
Enfin, l’unité d’usinage de précision dans le quartier de Schlottwitz a été inaugurée en 2017. Ce bâtiment moderne, construit selon des normes écologiques strictes, produit les composants des calibres : platines, ponts, pignons et roues. Sa façade en mélèze local et son système de récupération de chaleur témoignent d’une approche durable de la production.
Au total, 180 collaborateurs travaillent sur ces trois sites à Glashütte.
Un processus de fabrication intégré à 95%
Rares sont les manufactures horlogères qui conçoivent et fabriquent elles-mêmes leurs mouvements. Nomos fait partie de cette élite. Depuis 2005, la marque produit 100% de ses calibres en interne.
Le tournant décisif intervient en 2014 avec la création du Swing System, l’échappement maison de Nomos. Cet organe régulateur, considéré comme le cœur d’une montre mécanique, était jusqu’alors fabriqué par un fournisseur suisse. En développant son propre système, Nomos acquiert une indépendance technologique totale et rebaptise ses mouvements Deutsche Uhrenwerke (DUW).
Chaque composant est usiné, poli et assemblé à Glashütte. Les tiges d’acier et de laiton sont découpées et transformées en pignons, ressorts et platines. Les finitions typiques de Glashütte sont appliquées à la main : nervurage, perlage, soleillage. Les vis sont bleuies par traitement thermique à plus de 290°C.
L’assemblage demande patience et précision. Un calibre peut nécessiter plusieurs années entre les premiers plans et la commercialisation. Chaque mouvement est ensuite réglé en six positions pendant sept jours avant d’être emboîté.
La particularité du design à Berlin
Si la fabrication se déroule intégralement à Glashütte, la conception des montres prend vie à Berlin. Nomos possède un loft de design à Kreuzberg, sur le Paul-Lincke-Ufer, où travaillent une quarantaine de collaborateurs.
Cette équipe berlinoise réunit designers produit, graphistes, photographes, rédacteurs et développeurs. C’est là que naissent les nouvelles collections, que se dessinent les boîtiers et que se définit l’identité visuelle de chaque garde-temps.
Le modèle iconique Tangente, lancé en 1992, est né de cette collaboration entre Glashütte et Berlin. Susanne Günther, graphiste berlinoise, a retravaillé la typographie d’un cadran historique de 1937 pour créer ce design épuré, fidèle à l’esprit Bauhaus.
Certaines créations sont confiées à des designers externes de renom, comme Mark Braun, auteur de la Metro en 2014. Mais toutes passent par le filtre exigeant de l’équipe berlinoise avant de rejoindre les ateliers de Glashütte.
Nomos Glashütte est donc une manufacture allemande qui fabrique ses montres à la main dans les ateliers saxons de Glashütte, tout en gardant son âme créative à Berlin. Cette dualité géographique forge l’identité unique de la marque : l’excellence technique allemande servie par un design minimaliste et moderne.
